Pourquoi j’ai des fuites urinaires en faisant du sport?
Les fuites urinaires à l’effort sont beaucoup plus fréquentes qu’on ne le pense, particulièrement chez les femmes actives et sportives. Courir, sauter, soulever des charges ou effectuer des changements de direction rapides peut parfois entraîner des pertes d’urine, même chez des femmes jeunes, en bonne santé et n’ayant jamais eu d’enfants. En effet, jusqu’à une femme sportive sur quatre serait concernée par ces symptômes, bien que ceux-ci soient encore largement sous-déclarés .
Contrairement aux idées reçues, ces fuites ne s’expliquent pas uniquement par une faiblesse du plancher pelvien. Plusieurs études ont montré que les femmes sportives peuvent présenter des muscles du plancher pelvien aussi forts, voire plus développés que les femmes non sportives, tout en étant davantage sujettes à l’incontinence. Cette observation suggère que le problème est plus complexe et implique une interaction de plusieurs facteurs.
Le mécanisme de continence repose principalement sur deux systèmes complémentaires : un système de soutien des organes pelviens et un système de fermeture urétrale. Pour éviter les fuites, la pression exercée au niveau de l’urètre doit être supérieure à la pression intra-abdominale. Lorsque cette relation est perturbée — par exemple en cas de fatigue, de mauvaise coordination ou de surcharge — des pertes urinaires peuvent survenir . Il s’agit donc d’un équilibre dynamique, influencé par plusieurs variables.
Les impacts répétés, notamment en course ou lors de sauts, entraînent des forces dirigées vers le bas que le plancher pelvien doit absorber et contrôler. Parallèlement, les augmentations rapides de pression intra-abdominale — par exemple lors d’un effort, d’un saut ou d’un soulèvement — doivent être contrebalancées par une réponse musculaire efficace pour maintenir la continence. Cela nécessite non seulement de la force, mais aussi un bon timing, une coordination adéquate et une capacité d’adaptation aux contraintes mécaniques.
On comprend aussi de plus en plus que les hanches, le tronc et la façon dont le corps absorbe les forces jouent un rôle dans la gestion de ces symptômes. À cela s’ajoutent des facteurs comme la charge d’entraînement, la récupération et parfois même le niveau d’énergie disponible pour le corps.
Autrement dit, ce n’est pas qu’un muscle à “renforcer”, mais plutôt un système à réentraîner.
Les fuites urinaires à l’entraînement ne sont pas quelque chose que tu dois ignorer ou éviter en arrêtant ton sport. La bonne nouvelle, c’est qu’il existe des solutions adaptées. Une prise en charge en physiothérapie permet de travailler non seulement le plancher pelvien, mais aussi la coordination, le contrôle des mouvements et le retour progressif à l’effort.

